L’utilisation massive de pièges dans la lutte contre les Aedes stégomyiens a fait l’objet de plusieurs études dans le monde au cours de ces cinq dernières années. Ces études dont les résultats ont été publiés, portent tout autant sur les pièges capturant des moustiques adultes en recherche d’hôte (Degener et al. 2014 ; Engelbrecht et al. 2015 ; Akhoundi et al. 2018) que ceux attirant les femelles gravides (Barrera et al. 2014, Johnson et al. 2017).

Le piégeage en réseau

Le projet "VECTRAP"

Réduire les populations de moustiques par piégeage

Une réduction importante de la densité des moustiques Aedes associée à une réduction de la prévalence des arboviroses a même été démontrée à Porto-Rico (Lorenzi et al. 2016, Barrera et al. 2019, Sharp et al. 2019). Plus récent, un essai a montré l’importance de l’implication des citoyens dans la mise en œuvre de ces stratégies, notamment avec des pièges à femelles gravides BG-GAT (Johnson et al. 2018).

Soumis à l’appel à projets de recherche du programme Environnement-Santé-Travail (EST) de l’ANSES, en 2019, le projet VECTRAP, intitulé « Applicabilité et durabilité de la stratégie de piégeage de masse en milieu urbain contre Aedes albopictus et Aedes aegypti, vecteurs des virus de la dengue, du chikungunya et de Zika », a été accepté le 12 octobre 2020 (n°2020/1/114).

D’une durée de 40 mois (novembre 2020 – mars  2024), ce projet a pour but de démontrer l’efficacité, la faisabilité opérationnelle et l’acceptabilité sociale d’une stratégie de piégeage massif sur deux vecteurs des virus de la dengue, du chikungunya et de Zika en France métropolitaine et ultramarine. Il repose à la fois sur la mobilisation sociale renforcée et l’utilisation des deux types de pièges ciblant les femelles en quête de gîte de ponte et celles en recherche d’hôte à piquer.

Les quatre volets principaux du projet sont les suivants :

  1. Évaluer le coût-bénéfice de la stratégie sur la santé et l’environnement (impact sur la biodiversité et sur l’usage domestique et antivectoriel des insecticides) dans une approche de lutte intégrée.
  2. Évaluer sur le terrain l’efficacité des pièges les mieux adaptés, en termes de réduction d’abondance des deux espèces de moustiques.
  3. Identifier les facteurs sociaux et cognitifs favorisant la participation active de la population et l’adoption de la stratégie, en s’appuyant sur la mobilisation sociale.
  4. Diffuser et vulgariser la stratégie auprès des municipalités, en tant qu’acteurs-relais vers leurs administrés et en mesurer les effets.

Coordonné par l’EID-Med, il implique l’EID Rhône-Alpes et le CEDRE Martinique, ainsi que l’IRD (UMR Mivegec), pour la partie analytique et méthodologique, et l’EHESP, pour la partie sciences humaines et sociales. Le budget prévisionnel du projet s’élève à 737 923 €, et une subvention de 198 786 € (soit 26,94 %) a été obtenue.